La prévention des comportements addictifs
en entreprise

En France, parmi les 29 millions d’actifs, les consommations addictives concernent plus de 20 millions de personnes, soit presque un actif sur trois. De nombreux français ont un usage quotidien de produits psychoactifs : tabac, alcool, cannabis. D’autres y ont recours occasionnellement. De plus, ceux qui n’en consomment pas sont tout de même susceptibles d’être affectés par les usages d’un tiers. Et le milieu de travail n’est pas épargné par ces comportements addictifs, et ce, même si les dernières enquêtes montrent que l’emploi représente généralement un facteur protecteur par rapport aux addictions. En effet, les demandeurs d’emploi ont une consommation supérieure à celle des actifs occupés.

I. Addictions : de quoi parle-t-on ?

Lors de sa prise de fonction, votre nouveau collaborateur va devoir assimiler un grand nombre d’informations en peu de temps. Afin de ne pas outrepasser sa capacité d’assimilation, nous vous conseillons de développer votre accueil sécurité comme un vrai programme de formation : avec des objectifs pédagogiques, des supports adaptés et des modes d’animation qui favorisent la participation des collaborateurs.

Selon la MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives), les addictions sont définies comme ceci :
« D’un point de vue scientifique et médical, les addictions sont des pathologies cérébrales définies par une dépendance à une substance ou une activité, avec des conséquences délétères ».

Deux types d’addictions y sont distinguées :

  1. Celles liées à un produit : alcool, tabac, drogue, médicaments… : ce type d’addiction est en constante augmentation ces dernières années en entreprise et ailleurs, du fait de la banalisation de la consommation de certaines substances psychoactives, les initiations précoces à l’adolescence, les polyconsommations, l’augmentation des usages chez les femmes etc…
  2. Celles liées à une activité : travail, jeux, téléphone, sport… : le réel danger de ce type de comportement addictif serait de ne pas le prendre au sérieux. En effet, il est compliqué de se dire « addict » à son téléphone, de sa pratique sportive ou bien même de son travail. Pourtant, ces comportements addictifs peuvent poser de réels problèmes.

De manière générale, ils s’expriment par le désir quasiment permanent de consommer ou pratiquer un ou différents points énoncés ci-dessus, malgré les conséquences néfastes des comportements à risque et conduite addictive que cela entraîne.

La MILDECA distingue trois niveaux de comportement addictif :

  1. Usage occasionnel (par hasard, de temps en temps et/ou de manière irrégulière)
  2. Abus (de manière régulière)
  3. Dépendance (ne plus pouvoir s’en passer)

À noter que pour les deux premiers niveaux, la prévention reste le meilleur moyen d’annihiler ces comportements addictifs.

II. Quelques chiffres clés sur les addictions

  • 18-35ans : il s’agit de la tranche d’actif la plus concernée par les pratiques addictives, peu importe la catégorie.
  • 11 % des femmes cadres ont une consommation addictive vis-à-vis de l’alcool. En effet, il a été reconnu qu’une prise de responsabilité augmentait le risque de consommation d’alcool chez les femmes contrairement aux hommes.
  • 37% des actifs utilisent les outils numériques pros en dehors du travail

Concernant les actifs occupés :

  • 18,6% des actifs ont eu un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante dans le mois.
  • 9,5% ont des ivresses répétées.
  • 28% des actifs fument quotidiennement.
  • 9,6% des actifs fument du cannabis.

Concernant les demandeurs d’emploi :

  • 22,2% ont eu un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante dans le mois.
  • 14,5% ont des ivresses répétées
  • 39,9 % fument quotidiennement
  • 16 % ont consommé du cannabis dans l’année.

Cela concerne évidemment tous les métiers, mais certains, et notamment ceux des arts et spectacles, du transport, de l’hébergement/restauration, de l’agriculture, de la construction ou encore les métiers en relation avec le public font partie des secteurs les plus enclins aux comportements addictifs.

Ces chiffres prouvent bien une chose, le facteur entreprise diminue les risques liés à des pratiques addictives mais ne les annulent pas. C’est pourquoi il est important que l’employeur ait des responsabilités définies en matière de protection des employés.

III. Les actions de prévention à mettre en place

Comme énoncé ci-dessus, il est primordial de prévenir et/ou d’accompagner, les salariés afin d’éviter de tomber dans un usage excessif ainsi que dans la dépendance.

En entreprise, la sphère professionnelle détient donc un rôle déterminant quant à la prévention des pratiques addictives.
L’article L.4121-1 du code du travail oblige les entreprises à la prévention :
« L’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses employés ».
Cet article rend obligatoire les actions de prévention des risques professionnels, les actions d’information et de formation mais aussi la mise en place d’organisation et de moyens adaptés visant à assurer la sécurité des travailleurs d’une société.

Il existe deux types de préventions :

  1. Collective
    • Analyse des conditions / organisation du travail et des dysfonctionnements éventuels
    • Formation et sensibilisation aux risques liés aux addictions, des services de santé au travail et des représentants du personnel
    • Sensibilisation et information de tous les salariés…
  2. Individuelle
    • Repérage précoce des comportements addictifs
    • Accompagnement des salariés en état de dépendance, le tout sans jugement
    • Intervention du médecin du travail…

Les mesures de prévention peuvent porter sur :

  • Les facteurs liés au travail qui favorisent la consommation de substances psychoactives par les salariés, mais aussi par les stagiaires, apprentis ou alternants, qui sont particulièrement touchés par ce problème.
  • L’encadrement de la consommation de produits addictifs dans l’entreprise par des professionnels de santé.
  • Des actions de formation, d’information sur les risques liés aux pratiques addictives, les aides possibles, la réglementation en vigueur.
  • La transmission des campagnes nationales de prévention et la participation aux programmes d’action proposés par les organismes de protection sociale…

L’important pour les entreprises est de comprendre que tout le monde peut être assujetti à ces comportements addictifs et pas seulement les personnes affectées à des postes à risques, ou ceux étant déjà en difficulté. C’est pourquoi la prévention du risque lié à ces pratiques addictives repose principalement sur une approche collective (sans pour autant délaisser l’approche individuelle). Afin d’aider les entreprises à tenir leurs responsabilités, EasySAFE propose des formations de sensibilisation aux drogues licites (alcool, médicaments…) et illicites (cannabis, cocaïne…). En effet, le but étant de sensibiliser tous les collaborateurs afin de maintenir leur santé physique et mentale en recherchant et en contrant les éventuelles causes de pratiques addictives dans les conditions et l’organisation du travail…

Related Posts