Comment prévenir les risques
du travail sur écran ?

Nous abordons souvent les risques professionnels liés aux métiers manuels, mais il est plus rare d’évoquer ceux provoqués par le travail sur écran. Les salariés sont pourtant nombreux à passer jusqu’à neuf heures par jour derrière un écran. Fatigue oculaire, troubles musculo squelettiques, ou stress, autant de problèmes qui peuvent être causés par une mauvaise posture devant son écran.

I. Les risques liés au travail sur écran : état des lieux

Lorsque la situation n’est pas adaptée, le travail sur écran peut être à l’origine de différentes pathologies. En tant que spécialiste des espaces de travail ergonomiques, Fellowes a révélé dans une étude que 67% des employés de bureau souffraient de mal de dos, 59% de maux de tête et 57% de fatigue oculaire. Ces proportions importantes coûteraient jusqu’à 10 milliards d’euros par an en congé maladie.

D’un point de vue législatif, le Code du travail définit certaines exigences d’ergonomie afin que l’employeur puisse prendre des mesures adaptées aux besoins de son activité et ses contraintes. Dans cette logique, une norme internationale a été publiée par l’Association française de normalisation : la norme ISO 9241 ou “Exigences ergonomiques pour travail de bureau avec terminaux à écrans de visualisation”. Le Code du travail définit aussi des temps de pause ou des changements d’activité pour réduire le temps passé devant un écran.

Enfin, que ce soit avant ou à la prise de poste, l’employeur doit aussi former et sensibiliser le nouveau collaborateur à la bonne utilisation de son poste de travail. Cette prévention sera aussi diffusée par le médecin du travail durant la visite d’information et de prévention.

II. Les principaux risques liés au travail sur écran

a) La fatigue visuelle

Même s’il n’a jamais été démontré que le travail sur écran pouvait engendrer des pathologies visuelles, travailler devant un écran pendant plusieurs heures d’affilée peut entraîner une fatigue oculaire. Cette fatigue se traduit par des sensations de lourdeurs des globes oculaires, des rougeurs, des picotements, des éblouissements, une myopie temporaire, des maux de tête… Quoi qu’il en soit, le phénomène reste réversible et disparaît après une période de repos adaptée.

Les facteurs de risques peuvent être divers et variés. D’abord les facteurs de risques individuels : présence de défauts visuels, l’âge du collaborateur, une correction visuelle non adaptée… On retrouve ensuite les différents facteurs de risques liés au poste de travail : présence de reflets, éclairement inapproprié, mauvaise qualité de l’image… Et enfin les facteurs de risques organisationnels : la durée du travail, l’absence de pauses visuelles…

b) Les troubles musculosquelettiques

Les troubles musculosquelettiques affectent particulièrement les tissus mous comme les muscles et tendons. Comme le travail sur écran engendre une posture statique et des mouvements répétitifs, c’est souvent les zones comme la nuque, les épaules, la région lombaire, les poignées ou les mains qui sont le plus atteints.

Ici aussi, on retrouve des facteurs de risques divers. Parmi les facteurs de risque individuels, on peut citer : l’existence de défauts visuels qui peuvent provoquer des douleurs cervicales, le stress ou bien une perception négative du contexte de travail. Concernant les facteurs de risques organisationnels, l’ergonomie du poste de travail, ou la non-sensibilisation du salarié peuvent générer des troubles musculosquelettiques.

c) Les risques psychosociaux

A ne pas négliger, les risques psychosociaux peuvent être à l’origine d’hypertension, de nervosité ou de dépression. Dans le cadre du travail sur écran, les risques psychosociaux peuvent trouver leur origine dans un travail mental répétitif, une initiation à un nouveau logiciel, un manque d’autonomie exécutive et décisionnelle, une pression temporelle… L’exposition du collaborateur à ces situations de travail peut avoir d’autres conséquences sur sa santé, comme le développement de troubles musculosquelettiques.

III. Des solutions pour prévenir les risques liés au travail sur écran

Afin de limiter les risques liés au travail sur écran, il convient d’adopter les bons réflexes. Il s’agit ici principalement d’optimiser l’aménagement du poste de travail et de sensibiliser vos collaborateurs.

Dans un premier temps, il convient d’offrir un poste de travail adapté à ses salariés. Le mobilier choisi doit répondre à la diversité des utilisateurs et à l’évolution des contextes d’utilisation. Pour cela, il est recommandé d’impliquer les salariés dans le choix du mobilier de bureau. Parmi le mobilier à choisir avec précaution :

    • Le fauteuil : doit proposer un dossier, une assise et des accoudoirs réglables, une profondeur suffisante et un rembourrage ferme offrant un bon appui
    • Matériel informatique : un clavier inclinable et dissocié de l’écran, un écran mat pour éviter les reflets et la fatigue générée.

La sensibilisation des collaborateurs joue aussi un rôle essentiel dans le processus de prévention des risques du travail sur écran. Il revient à l’employeur de s’assurer que ses salariés utilisent correctement le matériel qui lui est mis à disposition. Des formations au sujet de la posture au travail peuvent aussi limiter les risques du travail sur écran. En effet, même s’il n’existe pas de posture idéale, il est indispensable de les former à une posture de moindre inconfort.

Vous l’aurez compris, le travail sur écran peut avoir des répercussions sur la santé de vos collaborateurs. Cependant, mettre en place une démarche de prévention vous permettra d’identifier les risques et mettre en place des actions pour y remédier. Vous souhaitez être accompagnés par des consultants  QHSE ? Contactez-nous !

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