Attention au coup de chaud ! 

Comment le port d’EPI peut favoriser les troubles liés à la surcharge thermique et les solutions pour y remédier 

Tony MANGAN

Consultant HSE
chez EazySAFE

Les préconisations du ministère des Affaires Sociales et de la Santé à destination des particuliers et des employeurs évoluent au fur et à mesure des découvertes sur le coronavirus et des mutations et adaptations de celui-ci. Les principales armes aujourd’hui à notre disposition sont l’hygiène des mains, le fait de tousser ou d’éternuer dans son coude ainsi que la distanciation physique. Depuis quelques temps, les gens doivent porter un masque lorsque les distances physiques ne peuvent être maintenues.  

Dans le cadre professionnel, d’autres EPI (Équipements de Protection Individuelle) doivent également être utilisés selon les circonstances. C’est par exemple le cas dans les établissements de santé où le port de tabliers, de gants, de masques, de visières et autres est impératif. Alors que le personnel travaille dans des conditions de stress accru, souvent dans un environnement exposé à la chaleur, le port d’équipements de protection individuelle supplémentaires donne encore plus chaud. Dans la plupart des environnements professionnels où les personnes travaillent à proximité les unes des autres ou sont en contact avec du public, le port d’EPI est désormais obligatoire. 

Des cas récents de coronavirus dans des abattoirs ont montré combien il peut être difficile de porter des EPI. Les opérations de transformation de la viande se font souvent dans des environnements chauds et bruyants où le travail est physique et la distanciation sociale difficile à respecter. Maintenir la sécurité sur le lieu de travail n’est donc pas simple. On peut faire ce constat dans de nombreux environnements professionnels, à des degrés divers. 

La loi impose aux employeurs de mener une évaluation des risques, y compris ceux résultant de la COVID-19. Il convient ensuite de réduire ces risques tout d’abord par des mesures techniques (en isolant les personnes du danger), des mesures administratives (en faisant évoluer la façon dont les gens travaillent) et enfin par des EPI (pour protéger le collaborateur par des équipements de protection individuelle). Pour autant, les EPI sont souvent la méthode la moins efficace pour protéger les employés sur leur lieu de travail.  

Le port d’EPI, notamment pour la protection du visage, peut empêcher le corps d’évacuer la chaleur par la transpiration. Il peut également rendre la respiration plus difficile, et est susceptible de faire augmenter le niveau de stress. 

 

Pathologies liées à la chaleur 

Lorsque le corps ne parvient pas à se maintenir à température normale, des pathologies liées à la chaleur peuvent survenir. 

Certains facteurs peuvent augmenter le risque de pathologies liées à la chaleur, notamment : 

  • Une température et un taux d’humidité élevés 
  • Le travail à proximité de fours et d’étuves 
  • L’effort physique 
  • L’absence d’air 
  • Le port de tenues lourdes et d’EPI 
  • La grossesse 
  • L’âge 
  • Une hydratation insuffisante 

 

La personne peut alors être victime d’un coup de chaleur ou d’épuisement, ou encore d’une éruption cutanée. 

Les symptômes sont notamment les suivants : 

  • Épuisement 
  • Maux de tête 
  • Faiblesse 
  • Soif 
  • Irritabilité 
  • Éruption cutanée 

 

Actions que peuvent mettre en place les employeurs : 

  • Faire dépister les employés. Examiner l’état de santé des employés pour déterminer si les mesures techniques mises en place en raison du COVID-19, les EPI (y compris les masques), et la distanciation physique les exposent davantage à un problème de surcharge thermique. 
  • Créer des binômes pour que deux employés se surveillent mutuellement. Former les responsables et le personnel à reconnaître les signes de surcharge thermique. Encourager les petits échanges verbaux entre les employés, le port du masque pouvant empêcher de percevoir les signes physiques de surcharge thermique. 
  • EPI et masques de protection. S’assurer qu’ils sont légers, dans la mesure du possible. Dès qu’ils sont humides ou sales, les masques doivent être remplacés par des propres. 
  • Définir les situations dans lesquelles le personnel n’est pas tenu de porter un masque de protection, par exemple lorsque la personne travaille à l’extérieur et qu’elle est à bonne distance des autres.  
  • La mise en place de barrières physiques peut réduire voire éliminer le besoin de porter un masque.
  • Réduire le volume de travail et/ou augmenter la fréquence des pauses. 
  • Mettre à disposition des fontaines à eau à proximité de la zone de travail. 
  • S’assurer que l’installation est bien ventilée. Travailler avec la direction du site pour optimiser le volume d’air frais. Créer des courants d’air en ouvrant les fenêtres et les portes lorsque cela est possible. En cas d’utilisation de ventilateurs, s’assurer que l’air n’est pas soufflé d’une personne vers une autre. 
  • Aménager une zone où les employés peuvent se reposer au frais et retirer leurs EPI en toute sécurité. 

 

Par-dessus tout, les employeurs doivent communiquer avec leurs employés en leur présentant les risques et les pratiques à suivre et en restant ouverts aux suggestions. De cette manière, le port d’EPI sera plus facile à mettre en œuvre et à respecter. 

 

 

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