La qualité de l’air au bureau

GEMMA COLLINS DOYLE

Consultante HSE
chez EazySAFE

« Un air propre est considéré comme une condition fondamentale de la santé et du bien-être humains. Toutefois, la pollution de l’air continue de représenter une menace importante pour la santé partout dans le monde. » (OMS, 2005)

Vous n’en êtes peut-être pas convaincu, mais la qualité de l’air sur votre lieu de travail est éminemment importante. Or lorsque l’on pense aux polluants atmosphériques, c’est généralement à ceux présents à l’extérieur que l’on songe, qu’il s’agisse d’ailleurs de l’air, des sols ou des cours d’eau. La qualité de l’air intérieur est pourtant tout aussi vitale pour notre quotidien et notre santé, et les polluants qu’il contient devraient nous inquiéter tout autant, sinon plus.

En réalité, la pollution de l’air intérieur est l’un des cinq premiers risques environnementaux pour la santé publique, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.

 

 

La plupart des gens passent 90 % de leur temps à l’intérieur et l’essentiel de leur temps de travail dans un bureau.

Quelques faits sur l’air intérieur

  • L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que plus d’un bâtiment sur quatre présente des problèmes liés à la qualité de l’air intérieur.
  • Nous passons 90 % de notre temps dans des espaces clos.
  • L’air intérieur est plus pollué que celui de l’extérieur (5 à 100 fois plus).
  • 20 à 60 % des occupants d’immeubles souffrent de symptômes associés à un air intérieur vicié.

Pourquoi la qualité de l’air intérieur est-elle importante ?

La qualité de l’air intérieur est une préoccupation majeure parce qu’elle peut avoir des conséquences sur la santé, le confort, le bien-être et la productivité des occupants d’un édifice.

La plupart des gens passent 90 % de leur temps à l’intérieur et l’essentiel de leur temps de travail dans un bureau.

La qualité de l’air intérieur (QAI) renvoie précisément à la qualité de l’air dans l’enceinte et autour des bâtiments et structures, et à sa corrélation avec la santé et le confort des occupants. Connaître et maîtriser les polluants les plus courants au bureau peut vous aider à réduire les risques de pathologies liées aux espaces clos.

Les problèmes de santé résultant de l’exposition à des polluants intérieurs peuvent survenir peu de temps après ou des années plus tard.

Le « syndrome du bâtiment malsain » (SBM) est un terme utilisé pour désigner les maux et inconforts aigus dont souffrent des occupants de bâtiments et qui semblent être liés au temps passé sur place, sans pour autant qu’une maladie ou qu’une cause spécifique ne puisse être identifiée. Les problèmes peuvent aussi bien concerner une pièce ou une zone très localisée que l’ensemble du bâtiment.

Quels symptômes ?

  • Maux de tête, irritation des yeux, du nez, de la gorge.
  • Vertiges et nausées.
  • Problèmes de concentration et fatigue.
  • Incidence accrue des infections.
  • Incidence accrue de la toux, des crises d’asthme et des troubles respiratoires.
  • Sensations de mauvaises odeurs et de manque d’air.
  • Infections, réactions allergiques, hypersensibilité ou réactions d’irritation potentiellement dues à l’humidité et aux micro-organismes présents dans les bâtiments.

Facteurs contribuant à la qualité de l’air intérieur

Gérer la qualité de l’air intérieur dans le cadre de la maintenance d’un bâtiment n’est pas une mince affaire. C’est loin d’être aussi simple que de réparer un robinet qui fuit ou un éclairage défectueux. Car il est question ici de facteurs complexes qui réagissent entre eux de manière sans cesse variable, avec pour conséquence un impact sur les types, les niveaux et l’importance des polluants présents dans les environnements clos.

Parmi ces facteurs, on peut citer la conception du bâtiment, son ancienneté, les sources de polluants, les odeurs, la maintenance, les systèmes de ventilation utilisés ainsi que les taux d’humidité et d’hygrométrie.

Pour maîtriser la qualité de l’air dans les immeubles de bureaux, il convient d’adopter trois grandes stratégies. Dans toute évaluation des risques, l’idéal est de parvenir à éliminer la cause. Cela vaut également pour la qualité de l’air intérieur. Tentez de supprimer les sources de pollution ou isolez-les du personnel en érigeant des barrières physiques, en jouant sur la pression de l’air ou en limitant leur durée d’utilisation. Deuxièmement, diluez les polluants et évacuez-les via le système de ventilation du bâtiment. Troisièmement, utilisez un système de filtration pour assainir l’air.

Principales causes de la pollution intérieure

Les sources de pollution intérieure qui entraînent la libération de gaz ou de particules dans l’air sont les principales causes de problèmes de qualité de l’air. Une mauvaise ventilation qui ne renouvelle pas suffisamment l’air, et donc n’atténue pas les émissions, peut entraîner une augmentation des niveaux de polluants intérieurs. Une température et un taux d’humidité élevés peuvent aussi avoir un impact sur les polluants présents dans l’air.

  • Exposition aux produits chimiques employés dans le cadre professionnel
  • Émanations chimiques provenant des sols, des peintures, de l’ameublement et des produits d’entretien.
  • Des formaldéhydes peuvent être libérés sous forme de dégagements gazeux par certains matériaux (moquettes, panneaux de particules, textiles, meubles), produits nettoyants et colles.
  • Les photocopieurs et les équipements électriques produisent de l’ozone et des particules.
  • Le monoxyde de carbone est produit par des appareils à combustible mal ventilés.
  • L’exposition intérieure au radon peut accroître les risques de cancer des poumons (pour connaître les niveaux de radon dans votre commune, consultez la carte accessible par le lien suivant)
  • La pollution peut aussi venir de sources extérieures : entrées d’air, grilles d’aération ou fenêtres situées trop près des contaminants.

Humidité et hygrométrie

Il est primordial de maîtriser l’humidité et l’hygrométrie dans les bureaux. Avec l’humidité apparaissent des impuretés qui génèrent des moisissures et d’autres polluants biologiques proliférant dans ces conditions.

Si l’hygrométrie est trop élevée, des polluants biologiques indésirables peuvent se développer et se propager.

Un confort thermique délicat :

  • Si la température ambiante d’un espace intérieur est trop élevée, l’environnement peut devenir étouffant et le débit d’air insuffisant, provoquant fatigue et léthargie.
  • Un faible degré hygrométrique peut engendrer irritations, inconfort et accentuer la sensation de gêne liée à la qualité de l’air intérieur.
  • Un degré hygrométrique élevé peut produire de la condensation au sein du bâtiment et sur les surfaces intérieures et extérieures, avec pour résultat le développement de moisissures et de champignons ainsi qu’un environnement propice à la prolifération des acariens.
  • Bien souvent, le taux de renouvellement de l’air est réduit au grand dam de la qualité de l’air intérieur et des occupants qui le respirent. En effet, si la ventilation n’est pas correctement réglée, la concentration des polluants issus des activités menées sur le lieu de travail ne peut faiblir et les polluants sont remis en circulation dans le bâtiment.

 

Que peut-on faire pour améliorer la qualité de l’air intérieur au bureau ?

La première étape consiste à réaliser un audit de l’air intérieur. Votre entreprise disposera alors d’une évaluation des risques identifiant clairement les dangers. Des mesures de contrôle spécifiques permettant une bonne maîtrise de l’air sur le lieu de travail seront également recommandées.

Quelques stratégies élémentaires pour gérer la qualité de l’air intérieur :

  • Contrôle des sources : la meilleure façon d’améliorer la qualité de l’air intérieur est d’éliminer les sources de pollution ou de les réduire.
  • Ventilation : le renouvellement de l’air doit être suffisant et représenter 8,5 litres par personne et par seconde (10 l/s-1 par personne), avec un débit d’air minimal de 8 litres par seconde et par personne.
  • Filtration : des systèmes de filtration permettent de réduire la concentration de contaminants présents dans l’air tels que les contaminants biologiques et les particules en suspension.

Songez aussi à consigner par écrit les problèmes de santé ou gênes dont se plaint le personnel. Cela contribuera à résoudre les problèmes liés à la qualité de l’air intérieur. Cela augmentera aussi les chances d’obtenir des diagnostics fiables et de trouver des solutions, en particulier si des similitudes se dégagent dans les maux décrits.

En tant qu’employeur, le plus important est de ne pas ignorer le problème. Il faut faire réaliser une évaluation des risques par un professionnel et suivre les recommandations pour veiller à la bonne santé de chacun. Souvenez-vous également qu’une bonne qualité de l’air est gage de collaborateurs sereins et productifs.

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